Â
Les arts visuels des Sénoufos sont nombreux, diversifiés, et touchent beaucoup de secteurs de la vie quotidienne (sièges ornés, portes et cannes décorées, tissus peints témoignant d'un remarquable talent graphique, lits funéraires) et plus encore le domaine rituel. Celui-ci, pour l'essentiel, est régi par une institution initiatique, le poro, divisée en trois degrés de sept ans chacun, et qui commence dés l'enfance avec un enseignement des rites, des chansons liturgiques, des danses, pour s'achever à l'âge adulte par des périodes représentant des grades spécifiques. Chaque cycle est conclu par de grandes fêtes, avec sortie d'objets cérémoniels. D'où une floraison d'oeuvres de tous ordres : coiffes, heaumes bicéphales, masques faciaux, oiseaux sculptés presque de taille humaine, et aussi des figures qui, représentant des esprits tutélaires et des génies de la nature, jouent, entre les mains de devineresses, un rôle majeur pour mettre en relation le monde de l'invisible avec celui des humains. Des sculptures de grande taille, les pombibele (ou enfants du poro), sont en usage lors des funérailles d'un membre de la confrérie
Â
Â
Les statues JONYELENI du Mali, Ces sculptures représentent "la belle jeune femme du Jo", Jonyeleni. Les nouveaux initiés voyagent pendant plusieurs mois dans les villages voisins en arborant ces sculptures. Ils rendent public leur nouveau statut d'adulte et leur désir de se marier. Les sculptures Nyeleniw matérialisent les traits physiques considérés comme idéaux chez une jeune femme bamana. Le culte des statues do ba et do fa, "mère et père du do", est inséparable du culte dans ancêtres, dont le massa se veut le digne successeur ; il doit être également le garant de la fertilité de leur terre, dont il est l'unique prêtre. Or, ce ministère, comme l'attestent tous les récits, est placé sous le double patronage de Bémba et de sa jumelle Fâro, dont le masa se considère comme l'enfant.
Â
Â
Les Bamana, comme la plupart des Africains, honorent leurs ancêtres et se placent sous la protection bienveillante de leurs esprits. Leurs vies s'organisent autour de sociétés d'initiation qui leur enseignent tous les aspects de la vie bamana. Celles-ci comprennent les sociétés n'domo, komo, nyama, kono, chiwara et koré. La société n'domo s'occupe de la circoncision et prépare les garçons à leur futur rôle d'adultes. Ils y apprennent les origines de l'humanité. Komo s'occupe de la loi et enseigne la cosmologie des Bamana. C'est la société des forgerons. Nyama agit contre la sorcellerie et les esprits malveillants. Kono enseigne la dualité de l'humanité en tant que corps et esprit. Chiwara célèbre l'être mythique qui enseigna l'agriculture aux Bamana. Koré fournit une instruction morale et enseigne l'importance de l'humanité dans l'ordre du monde. Son enseignement porte sur la mort et la résurrection de l'individu. Koré est divisé en huit niveaux distincts qui correspondent aux éléments célestes et terrestres.
Le Boli en forme d'animal fonctionne comme un autel de la société Komo, qui est l'association la plus répandue dans l'aire Bambara. Les Boli ne sont pas sculptés, mais construits à partir d'une structure et modelés avec des matériaux comme de la terre, du sang sacrificiel, des écorces, du miel, des noix de cola mâchées, du millet et de la bière. Les formes du Boli rappellent celles des sanctuaires et des constructions. Leurs formes mal définies impliquent un secret que seuls les initiés peuvent pénétrer. Jamais un non-initié ne peut les voir. Les Boli sont conservés dans un sanctuaire ou dans la maison d'un prêtre. Leur puissance est réactivée par le sang d'animaux sacrifiés. Ces objets, chargés d'une profonde signification ésotérique, inspirent crainte et respect aux initiés.
Au regard des Bambara, les Boli, les statues et les statuettes viennent aux tout premiers rangs des objets les plus sacrés de leur religion, avant les masques eux-mêmes. Les boli ont suscité et suscitent encore le mépris, y compris celui de certains anthropologues qui demeurent obsédés, semble t'il, par "les manitous des sauvages, les fétiches des nègres". En tout cas, s'ils alimentent de plus en plus la reflexion des africanistes, ils ne cessent de provoquer chez les profanes de tout bord peurs irrationnelles et fantasmes délirants.
La croyance aux boli et en leurs pouvoirs constitue l'un des fondements de la religion mandingue en général et de la religion bambara en particulier. En effet, dans maintes localités habitées par des Malinké ou des Bambara, chaque société d'initiation, chaque confrérie excepté celle des subagaw ou subaaw, sorciers et sorcières, mangeurs d'âmes, et, peut-être, celle des géomanciens, chaque famille étendue, chaque homme influent, etc.., possédait et possède toujours ses propres boli. Et pour cause ! Le boli est, par définition, la manifestation de la force vitale, de l'énergie d'un esprit divinisé auquel il sert de réceptacle. De fait, selon de nombreux initiés, le mot boli proviendrait de l'atlération du vocable boli : sortie, émanation, manifestation d'un esprit supérieur.
Â
Les Dogons vivent dans les spectaculaires falaises de la faille de Bandiagara, à l'est du fleuve Niger, à environ 150 kilomètres de la ville commerçante de Djenné, dans l'est du Mali. Ils vivent dans 700 villages construits en briques de terre et en pierres cimentés par un mortier d'argile. Ces villages sont installés au-dessus et au pied de ces falaises, et sur les pentes des talus d'éboulis.
Les Dogons sont des cultivateurs qui font pousser le millet, le sorgho, le maïs et les oignons. La terre étant difficile à cultiver, ils durent aménager des petits champs rectangulaires bordés de pierres, fertilisés par le fumier des ânes et soigneusement arrosés et entretenus.
Les principaux chefs religieux dogon sont les Hogon, prêtres du culte lébé, consacré à l'agriculture. Une des plus importantes cérémonies du lébé est appelé bulu ; elle célèbre le renouveau et le retour de la vie, et a lieu au printemps. Les ancêtres sont honorés à travers le culte binu, et accordent tour à tour leur bienveillance à leurs descendants. C'est surtout lors de funérailles et pendant le culte binu que les masques qui ont rendu les Dogon célèbres sont utilisés.
Les dogons font partie des peuples d'Afrique les plus étudiés depuis 1940.
Les Dogon sculptaient souvent des personnages représentés debout les bras levés. Ils avaient peut-être emprunté cette attitude aux précédents occupants du spéctaculaire escarpement de Bandiagara, un peuple généralement nommé Tellem. Les personnages aux bras levés symbolisaient toujours une supplique à Amma pour qu'il accorde la pluie indispensable à toute vie, et qu'il s'agissait également d'un geste de contrition après que la violation d'une loi rituelle ait causé la sécheresse.
Néanmoins, d'autres motifs, plus quotidiens, moins hiérarchiques, sont apparus, tels que des maternités, des femmes portant des jarres sur la tête (appelés canaris en français d'Afrique), aves des traitements différents de la ronde-bosse. Avec surtout une fluidité des formes que l'on retrouve pas toujours sur les oeuvres dogons plus récentes, qui ont évolué vers une schématisation anguleuse qui résulte vraissemblablement de l'influence exercée par l'art des Bamanas. Plusieurs oeuvres de l'art ancien des Dogons présentent une épaisse patine mêlée à un pigment rouge, sur des socles relativement larges, attestant que les objets étaient voués à la vénération.
Aucun produit
Expédition
0,00 €
Total
0,00 €
Pas de nouveau produit pour le moment